Le DANGER CACHÉ : L’Enquête de l’AIC Révèle un Double Standard Inacceptable et Dénonce le Sucre dans les Aliments pour Bébés en Afrique

sucre

L’urgence sanitaire est réelle et l’heure n’est plus au silence. L’Associations Ivoiriennes des Consommateurs (AIC), en étroite collaboration avec notre partenaire international Public Eye, lance aujourd’hui une dénonciation retentissante : l’Afrique est la cible d’un double standard éthique et sanitaire scandaleux. Des multinationales de l’agroalimentaire, soucieuses des normes européennes et américaines, inondent nos marchés de céréales pour nourrissons contenant des quantités excessives de sucres ajoutés, une pratique formellement bannie dans leurs pays d’origine. Notre enquête conjointe, en se focalisant notamment sur le produit Cerelac de Nestlé, révèle une inéquité manifeste envers les enfants africains. Ce n’est pas un simple écart de formule ; c’est un traitement de seconde zone qui expose nos nourrissons à un risque accru d’obésité, de diabète précoce, et de maladies chroniques. L’AIC, par la voix de sa Directrice Exécutive, Miss Dimitri Claverie DOUKOUA, exige une action immédiate : le standard ZÉRO sucre ajouté doit devenir la norme légale et morale pour toutes les céréales pour bébés vendues sur notre continent.

Le Constat : Des Écarts Troublants et Injustifiables Les Résultats Chocs : Un Double Standard Sanitaire et Éthique

Les analyses menées par l’AIC et Public Eye ont permis d’examiner en détail les étiquettes nutritionnelles de produits de grandes marques internationales tels que Nestlé, comparant ceux vendus dans des pays d’Afrique (dont la Côte d’Ivoire) à leurs équivalents commercialisés en Europe ou en Amérique du Nord. Les résultats sont alarmants et mettent en lumière un double discours de la part des fabricants.

Par exemple, alors que les céréales pour bébés affichent clairement « Sans sucre ajouté » sur les marchés européens, les versions destinées au continent africain contiennent des niveaux significatifs de saccharose, de sirop de glucose ou de fructose. Ces différences ne sont pas le fruit du hasard, mais celui d’une formulation spécifique qui semble ignorer les directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et les préoccupations grandissantes en matière de santé publique en Afrique. 

L’ampleur du problème en chiffres :

  • Le cas Cerelac en Côte d’Ivoire : Nos tests ont révélé une moyenne de 6 grammes de sucre ajouté par portion dans les céréales pour bébés, avec des pics atteignant 7 grammes pour la variante Maïs. C’est l’équivalent de près d’un carré et demi de sucre (soit 1,5 carré de sucre) dans l’assiette d’un nourrisson.

  • L’iniquité continentale : L’Afrique est particulièrement ciblée, avec une moyenne qui est 50 % plus élevée que celle trouvée en Amérique latine et en Asie. La teneur atteint même jusqu’à 7,5 grammes par portion dans des pays comme le Kenya.

  • L’écart flagrant : Dans les pays comme la Suisse ou la France, les mêmes produits sont commercialisés avec la mention « ZÉRO sucre ajouté », conformément aux recommandations sanitaires strictes. Plus de 90 % des produits examinés en Afrique contiennent ainsi du sucre ajouté, contre 0 % en Europe.

L’Argumentation : En choisissant d’ajouter du saccharose, du sirop de glucose ou du fructose – des sucres non essentiels et nocifs pour le développement du goût et du métabolisme – les fabricants ignorent les directives claires de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui s’opposent à l’ajout de sucre dans les aliments pour nourrissons. Ce choix n’est guidé que par l’attrait gustatif artificiel et l’exploitation de réglementations locales laxistes.

Indicateur Teneur la plus haute (Kenya) Côte d'Ivoire (Moyenne) Suisse/Europe (Moyenne)
Sucre Ajouté par Portion Jusqu'à 7,5 grammes 6 grammes (et 7g pour la variante Maïs) ZÉRO sucre ajouté
Produits avec Sucres Ajoutés Plus de 90 % des produits examinés en Afrique. Non divulgué aux consommateurs. 0 %

Les Conséquences : Une Crise Sanitaire en Incubation

Ce double standard n'est pas sans conséquence ; il est une bombe à retardement pour les systèmes de santé africains.
  • Création d’une dépendance : L’exposition précoce au goût sucré conditionne le palais des bébés, créant une préférence durable et rendant plus difficile l’adoption d’habitudes alimentaires saines plus tard dans la vie.

  • Explosion de l’obésité : Les chiffres parlent d’eux-mêmes en Côte d’Ivoire. Les études de l’INSP/PMC (2024) révèlent que jusqu’à 35,3 % des enfants scolarisés sont en surcharge pondérale, dont 8,6 % souffrent d’obésité. L’alimentation des nourrissons en est un facteur déterminant.

  • Menace du Diabète de Type 2 : L’impact est déjà visible chez les plus jeunes : une prévalence de 9,76 % d’intolérance au glucose (précurseur direct du diabète de type 2) est observée chez les jeunes Ivoiriens en surcharge.

Argumentation Économique : La surcharge des systèmes de santé par la prise en charge des Maladies Non Transmissibles (MNT) coûte cher. L’élimination du sucre ajouté est une mesure préventive simple, essentielle, et la plus coût-efficace pour garantir la résilience économique et la durabilité des soins de santé en Afrique. La santé de nos enfants est un investissement, pas un terrain d’expérimentation pour des recettes obsolètes.

L'Exigence de l'AIC : Plaidoyer pour une Réforme Législative Saine

  1. Le problème fondamental réside dans la faiblesse de notre cadre légal : la Norme Ivoirienne NI 4683 autorise toujours jusqu’à 7,5 grammes de sucres ajoutés. Cette norme s’appuie sur une vieille référence du Codex, aujourd’hui jugée « inadéquate » par les experts de l’OMS. L’AIC dénonce cette faille légale qui permet aux industriels de contourner l’éthique.

    L’AIC appelle solennellement le Gouvernement ivoirien et les régulateurs africains à une action immédiate et sans compromis :

    1. Harmonisation sans délai : Modifier la Norme Ivoirienne NI 4683 pour l’aligner sur le consensus scientifique international (OMS/FAO), exigeant un standard de ZÉRO sucre ajouté dans toutes les céréales pour nourrissons, sans aucune exception de marque ou de catégorie.

    2. Responsabilité immédiate : Exiger de Nestlé et de toutes les marques concernées l’élimination immédiate des sucres ajoutés dans leurs produits destinés aux nourrissons africains.

    3. Le mot de la Directrice Exécutive :« Le problème n’est pas seulement Nestlé, mais une pratique industrielle dangereuse qui cible nos enfants à travers différentes marques. L’AIC demande l’harmonisation immédiate des lois. Le standard ZÉRO sucre ajouté est la seule voie à suivre pour protéger les nourrissons africains. »

Miss Dimitri Claverie DOUKOUA, Directrice Exécutive de l’AIC

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